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On a à parler Version imprimable
Écrit par ObliqueReference, traduit par Gabrielle Henson   
13-06-2006
Courant saison 7. Dawn et Kennedy ont une petite conversation...

 

Intro :

Cette histoire est la traduction d'une fic en anglais intitulée "We've gotta talk" et écrite par ObliqueReference.

Vous pouvez la trouver sur ici : http://thedamned.altervista.org/stories/talk.html

Si vous lisez l'anglais, je recommande grandement la version Originale.

*

 

Cinq, six, sept. Changement de prise. Huit, neuf, dix. Ecoute le rythme. C'est simple, élémentaire. Un, deux, trois. Sens la secousse comme elle voyage jusqu'en haut du bras. L'énergie étend, concentre, contracte, change. Onze, douze, treize. Ne sois pas où l'on t'attend. Ne pense pas, déplace-toi juste. Le temps est compté. Un battement de cœur. Deux. Trois, frappe ensuite. Tu te rappelles ce rythme ? Maintenant, change-le. Sens leur rythme. Ils le donnent toujours. Compression. Maintenant, sortie. Impact.

Impact.

Le morne métal gris de l'épée cliqueta contre le plancher de ciment. Fortement, en résonant. Puis rien. Juste un souffle. Et son battement de cœur. Le sang sortant de toute urgence des artères, donnant vie, épuisé, retirant les veines. Aspire. Nourris le sang. Laisse le cycle recommencer. Elle imagina qu'elle pourrait voir le cycle dans ses bras, les veines épaisses sur l'intérieur de ses coudes battant, se précipitant vers ses mains. L'extrémité de ses doigts picotait. Du sang.

Non, de la sueur. Une goutte épaisse s'accrocha au bout de son doigt délicat, puis tomba. Elle vacilla, se pliant à la taille, soulevant un pied pour l'équilibre. La gouttelette se brisa dans un million d'éclats avec un coup de sa main. Elle continua à tournoyer, tira ses jambes soudainement sous elle et se retrouva entraînée. Ses pieds se tournèrent, la gravité reprit ses droits, l'entraînant au sol le visage en premier. Elle étendit ses bras, ses muscles bronzés se tendirent comme elle touchait le plancher. Puis ses bras pompèrent; dix pompes. La dernière la laissa sur son ventre, haletante, clignant des yeux dans la poussière. 

"Tu n'as aucune idée de combien de culs se sont assis exactement où tu es allongée ?" 

Kennedy se retourna sur le dos, inclinant sa tête pour voir l'escalier menant au sous-sol. Elle inhala pour faire un commentaire, quelque chose d'intelligent, d'ironique et dans son personnage mais haussa juste les épaules du mieux qu'elle le put. 

"Il y a des endroits pires," dit-elle après une seconde. Elle regarda la fille plus jeune descendre les marches. De longs cheveux châtains balancés derrière son visage enfantin. Quand elle fut en bas, elle croisa ses bras devant elle. 

"Puis-je te parler Kennedy ?" demanda Dawn doucement. Il y avait quelque chose dans ses yeux, dans le ton de sa voix. Du souci et quelque chose comme... du ressentiment ?

Kennedy se retourna de nouveau, pivota sur sa hanche et s'assit. Elle arqua un peu son sourcil, levant soupçonneusement la tête vers la fille qui la surplombait.
 
"Um," se força-t-elle, "bien sûr. A quel sujet?"

Dawn traîna une chaise depuis le coin et l'offrit à Kennedy. Elle était reconnaissante de pas être assise sur le plancher et fut particulièrement reconnaissante quand elle commença à comprendre à quel sujet cette conversation allait être. Dawn s'assit silencieusement dans une autre chaise, cette sorte de chaise en plastique que les cafétérias scolaires adorent. Elle plaça ses mains sur ses genoux et pour un instant, la ressemblance familiale fut stupéfiante. Elle comprit pourquoi Spike l'appelait toujours sa 'Bitty-Buffy'. Tout était là : la force, la perte et même cette droiture désagréable. Ok, un peu plus que de la droiture.

« Kennedy » commença Dawn. "Je vous ai vu toi et Willow après le petit-déjeuner aujourd'hui. Sur le canapé. »

Kennedy était soudainement heureuse que son teint rende le rougissement dur à voir. Elle constata aussi qu'un sourcil levé et un air non impressionné semblaient faire arrêter les gens d'essayer de la choquer après un moment. 

"Donc. J'embrassais ma ... Willow. C'est le truc gay, ou .. ?" 

"Oh, s'il te plaît," Dawn roula des yeux avec un rire sous cape, "Dans cette maison ? Je ne pense pas que quelqu'un sourcillerait si je ramenais un démon à la maison." 

"Bien, il y a Xander," Kennedy haussa les épaules, "Il semble avoir une habitude." 

"Exactement." Dawn tendit la main pour empêcher un commentaire, "Non, ce n'est pas ' un truc gay ', ou quelque chose de la sorte. C'est un ‘truc Willow'." 

Kennedy commença à comprendre où cela menait. Et elle l'avait toujours redouté. Mais elle ne voulait pas y penser pour ne pas être abrutie de terreur à cette idée. Mieux valait y faire face la tête haute puis la laisser vous faucher. 

"Non," Kennedy dit lentement, regardant le plancher avec toute la résolution dont elle était capable, "c'est un ‘truc Tara', n'est-ce pas." 

Dawn serra sa mâchoire au son de son nom. Elle ferma les yeux une seconde et exhala la tension soudaine.

« Oui, » murmura-t-elle, «  et non. Ce n'est pas si simple. Je pense que tu sais ça »

"Ouais," la fille plus âgée jouait avec les élastiques autour de son poignet, "j'étais là pour tout ce truc d'échange de corps entre Warren et Willow. Cela se classe comme l'un des jours les plus étranges de ma vie »

« Quand tu vis sur la bouche de l'enfer aussi longtemps, étrange devient un terme très relatif »

"Donc j'entends. J'aimerais juste vivre longtemps." 

"Kennedy," Dawn était de nouveau dans l'affaire, "que fais-tu avec Willow ?" 

Cette fois, Kennedy ne pouvait pas même feindre le non-intérêt. 

"Bien," divulgua-t-elle, "nous nous sommes juste embrassées et serrées dans nos bras, rien, tu sais, de sérieux, non, tu sais, um..." 

Dawn leva ses deux mains en signe de protestation : "Non, non, je ne parlais pas de ça" Elle secoua la tête, couvrant son visage, légèrement embarrassée.

"Je jure, cela sonnait tellement moins tendu quand je l'ai pensé, mais quelles sont tes intentions avec Will ?" 

Kennedy resta juste assise là pendant une minute, légèrement bouche bée. Après quelques secondes, elle cligna les yeux et sortit de sa torpeur, une allusion de blessure dans sa voix : "tu  penses que je profite d'elle, n'est-ce pas ?" 

C'était le tour de Dawn d'arquer un sourcil : "Ce n'est pas le cas ?" 

"Jésus, Dawn! Non,  je ne suis pas comme ça!"

Dawn se leva et commença à arpenter la pièce, en se tordant les mains. 

"Bien, comment pourrais-je le savoir ? Tu viens ici et depuis le premier jour, tu as des vues sur Willow. Tu as juste vu ce que tu voulais, et tu ne t'es pas préoccupée de savoir si elle était prête. Tu es juste allée après elle. Tu n'as aucune idée, Kennedy. Tu n'as aucune idée de combien Willow va mal maintenant. " 

Kennedy se leva à son tour, les mains sur les hanches: "Tu as fait baisser le canon d'une arme à feu chargée récemment ? ' Parce que moi, uh, oui. Et ne pense pas que pour un instant j'ai oublié qui le pointait sur moi." 

"C'est ce que je veux dire! Kennedy, elle est si vulnérable en ce moment. Je ne peux même pas supporter la pensée que-" 

« Que quoi ? » Kennedy savait qu'elle ne devrait pas hurler, mais sa vision s'assombrissait, « qu'elle puisse tuer la fille qui essaie de l'approcher ? »

Dawn s'arrêta d'arpenter la pièce. Ses yeux s'agrandirent. Ils se fixèrent sur la potentielle avec l'acuité d'un laser.

« N'ose pas dire ça » gronda-t-elle. « Tu ne sais même ce qu'elle a perdu. Tu ne peux même pas commencer à ressentir ça. Nous avons tous tellement essayé »

Kennedy s'assit sur sa chaise, et commença à jouer avec ses élastiques de nouveau. Elle regarda ses mains.

"Elle a perdu son centre," dit-elle, presque pour elle-même, "il lui manque une partie de son âme." 

Dawn regarda l'humiliée apprentie-tueuse. Elle voyait la souffrance là, mais ne semblait pas pouvoir deviner d'où elle venait. Comme le lui recommandait la politique des Summers, dans le doute, tais-toi juste. Elle s'assit en face de Kennedy, ses épaules se penchant un peu. 

"Tu crois que je ne le sais pas?" continua Kennedy. « Tu ne penses pas que j'entends sa voix craquer dès qu'elle dit son nom ? Ou sais-tu que parfois elle se réveille au milieu de la nuit et regarde tout autour de la pièce. Je sais juste qu'elle cherche Tara. Je vois son cœur se briser encore une fois quand elle réalise qu'elle n'est pas là. Je l'ai vu trembler pendant une heure et demi, juste parce que quelque chose dans sa chambre sentait comme elle. »

Kennedy retint les larmes qui montaient. Pleurer n'était simplement pas acceptable. "Je n'ai jamais rencontré Tara. J'aurais aimé pouvoir. Mais je sais que Willow souffre, même après si longtemps. Ca me fait mal, Dawn. J'ai horreur de la voir comme ça. Je sais que je ne suis pas bonne avec tout le truc de la magie et de la recherche, mais je suis assez bonne pour filer des coups. Et je jure devant Dieu, si je pouvais, je ramènerais cette ordure qui lui a fait ça d'entre les morts juste pour pouvoir le renvoyer directement dans la tombe. »

Elles furent silencieuses pendant un long moment, la sœur et la potentielle.  Finalement, Kennedy se frotta les yeux avec les deux mains. Elle se leva et commença à monter les marches.

« Je vais prendre une douche » renifla-t-elle.

« Kennedy » la rappela Dawn.

La tueuse potentielle regarda juste depuis l'escalier.

 "Vous deux, " soupira-t-elle, "êtes comme de complètes opposées"

"Huh?" fut tout ce que Kennedy put émettre.

« Toi et Tara » fit Dawn. « La nuit et le jour. Elle était simplement la plus tendre, la plus douce, la plus aimante personne du monde"

« Et je ne le suis pas?"

"Hum!. Non, tu es plus... bronzée, agressive et dure. Ainsi, ouais." 

Kennedy monta une autre marche dans l'escalier. Elle s'arrêta juste devant la porte, jetant un coup d'œil en bas à Dawn, qui remettait les chaises dans le coin. Kennedy retroussa ses lèvres et  secoua la tête. 

"Je ne veux pas la blesser, Dawn. Est-ce cela que tu voulais savoir ?" 

Dawn se dirigea à son tour vers le haut de l'escalier. Elle imita l'expression de Kennedy.

« Il le faudra.»

Fin

 

 
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